Anthropic utilise Claude pour élucider la structure des vaults cellulaires
8 novembre 2026 · 3 min de lecture
Les chercheurs de l'entreprise d'intelligence artificielle Anthropic ont déterminé la structure tridimensionnelle d'un petit compartiment cellulaire en forme de tonneau, connu sous le nom de vault, en s'appuyant sur leur modèle d'intelligence artificielle Claude. Cette avancée technique permet d'observer pour la première fois la forme précise de ces structures protéiques qui remplissent la plupart des cellules humaines depuis des décennies sans que leur fonction biologique ne soit clairement établie par la communauté scientifique.
Ces particules, appelées vaults en référence aux voûtes des cathédrales en raison de leur aspect ribé, sont présentes en nombre estimé à dix mille par cellule humaine. Leur découverte remonte à 1986, mais leur rôle exact reste un mystère scientifique persistant. Bien que des hypothèses aient été émises concernant le transport de substances à l'intérieur de la cellule ou une protection contre les toxines, aucune de ces fonctions n'a été prouvée de manière convaincante. Il est notable que des organismes modèles couramment utilisés en génétique, tels que la levure, les drosophiles et les vers, ne possèdent pas ces structures, ce qui complique l'étude comparative.
Pour progresser, Anthropic a cherché des protéines apparentées chez des organismes unicellulaires plus simples. Le modèle Claude a analysé une base de données contenant environ quinze milliards de protéines prédites et a identifié des parents éloignés chez les bactéries et d'autres unicellulaires. Une protéine issue d'un virus bactérien, désignée L05 par les chercheurs, s'est révélée capable de former spontanément un tonneau fermé dans des bactéries Escherichia coli en milieu de laboratoire. Cette découverte a permis d'obtenir un échantillon stable pour l'analyse structurale.
La détermination de la forme a été réalisée par cryo-microscopie électronique. Les chercheurs ont congelé les particules très rapidement et capturé des images avec un microscope électronique. En combinant les images de nombreuses particules individuelles, ils ont pu reconstruire la structure tridimensionnelle. Le tonneau mesure environ cinquante-quatre nanomètres de long et quarante-cinq nanomètres de large. Il est composé de quatre-vingt-seize copies de la même protéine, contre soixante-dix-huit pour les vaults humains. L'espace intérieur est environ vingt-cinq pour cent plus grand que celui de la variante humaine.
Claude a également conçu les constructions d'ADN nécessaires et traité les images du microscope. Le premier modèle tridimensionnel a été obtenu en trente-quatre heures, une durée considérablement réduite par rapport aux semaines habituellement requises pour une telle analyse. Selon les auteurs, Claude a rédigé tout le code nécessaire tandis que les humains supervisaient les analyses. Chaque copie de protéine contient une cavité avec une petite molécule, possiblement de la coenzyme A, bien que cette identité ne soit pas encore confirmée. Les chercheurs ont aussi créé un tonneau plus grand en ajoutant des blocs de construction, ce qui pourrait faciliter le développement de capsules pour le transport d'enzymes. Leonard Rome, découvreur des vaults et consultant rémunéré d'Anthropic, qualifie la détermination de la fonction d'énormément difficile. Anthropic a déposé un brevet provisoire et tous les auteurs sont employés par l'entreprise.